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Sécurité des Aliments

PFAS et contaminants émergents : ce que votre plan HACCP doit intégrer en 2026

14 Avril 2026
8 min de lecture

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont désormais au cœur de l'agenda réglementaire européen et français. Pour les responsables qualité du secteur agroalimentaire, ignorer ce sujet n'est plus une option. Voici ce qui change concrètement en 2026 et ce que vous devez intégrer dans votre système de management de la sécurité alimentaire.

Où en est la réglementation PFAS dans l'alimentaire ?

Au niveau européen

Depuis le 1er janvier 2023, le règlement (UE) 2022/2388 fixe des teneurs maximales en PFAS dans certaines denrées alimentaires d'origine animale : poissons, mollusques, crustacés, œufs, viandes et abats — pour 4 PFAS principaux (PFOS, PFOA, PFNA et PFHxS). Ces teneurs figurent aujourd'hui à l'annexe I, section 4.2 du règlement (UE) 2023/915.

Pour les emballages au contact des denrées, les PFAS au-delà de certains seuils sont interdits sur le marché de l'UE depuis le 12 août 2026, en application du règlement (UE) 2025/40 (PPWR) : 25 ppb pour tout PFAS pris isolément, 250 ppb pour la somme, 50 ppm pour les PFAS totaux. Voir le détail des seuils et les idées fausses qui circulent →

À l'inverse, il n'existe à ce jour aucune teneur maximale réglementaire en PFAS dans l'alimentation animale : la directive 2002/32/CE sur les substances indésirables ne les couvre pas. C'est un point d'attention pour les filières animales, puisque ce sont les denrées d'origine animale qui portent les teneurs maximales.

En France

Pour l'eau destinée à la consommation humaine, la limite de qualité est de 0,1 µg/L pour la somme de 20 PFAS et de 0,5 µg/L pour les PFAS totaux : elle découle de la directive (UE) 2020/2184, dont le respect est exigé depuis le 12 janvier 2026. La loi n° 2025-188 du 27 février 2025 y ajoute un volet national : interdictions ciblées de mise sur le marché depuis le 1er janvier 2026 (cosmétiques, farts de ski, vêtements et chaussures), renforcement du contrôle sanitaire des eaux et redevance sur les rejets aqueux de PFAS.

Pourquoi les PFAS sont un enjeu pour votre plan HACCP ?

Les PFAS peuvent contaminer la chaîne alimentaire via l'eau utilisée en production, les matières premières d'origine animale (bioaccumulation), l'alimentation animale, et les emballages et équipements contenant des PFAS. En tant que dangers chimiques au sens du Codex Alimentarius, ils doivent être identifiés dans l'analyse des dangers, évalués et maîtrisés.

Ce que vous devez concrètement mettre en place

  1. Revoir votre analyse des dangers — intégrer les PFAS comme danger chimique potentiel avec documentation des voies de contamination
  2. Actualiser votre plan de surveillance — vérifier les données PFAS de votre eau de réseau, prévoir des analyses si forage ou puits
  3. Vérifier vos emballages et équipements — demander une déclaration de conformité PFAS à vos fournisseurs d'emballages
  4. Documenter et tracer — analyse des dangers à jour, plan de surveillance et résultats d'analyses accessibles lors d'un audit

Le lien avec les référentiels de certification

IFS Food, BRCGS et FSSC 22000, dans leurs versions en vigueur, exigent une analyse des dangers tenue à jour intégrant les dangers chimiques émergents. La Doctrine IFS Food v8 v5 (publiée fin avril 2026) clarifie les attendus sur ce point.

Notre conseil terrain

Ne pas tomber dans l'excès de précaution (ajouter les PFAS comme CCP systématiquement) ni dans l'absence totale de prise en compte. La bonne approche : une analyse documentée et proportionnée, ancrée dans les données réelles de votre activité.

Vous souhaitez revoir votre analyse des dangers sur ces contaminants ?

Besoin d'un accompagnement pour mettre à jour votre analyse des dangers ? →
Sources : EFSA, loi n°2025-188 du 27 février 2025, règlement UE 2022/2388, ALCIMED — 2025-2026
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